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Les attentats à Paris et la mollesse de Justin Trudeau

par Victor Teboul
Ph.D. (Université de Montréal), Directeur, Tolerance.ca®

Alors que la plupart des chefs d'État de la planète ont condamné énergiquement les attentats meurtriers de Paris, comme l'ont fait également le premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, et le maire de Montréal, M. Denis Coderre, le premier ministre canadien, lui, a déclaré que «ces attaques nous portent à réfléchir».

S'apprêtant en fin de journée vendredi 13 novembre à embarquer sur l'avion qui devait le conduire à sa première rencontre internationale à l'occasion du sommet du G20 en Turquie, et donc étant forcément privé de ses rédacteurs de discours, le nouvel élu à la tête du gouvernement canadien s'est contenté d'exprimer dans un communiqué ses «plus sincères condoléances» aux victimes parisiennes.

Tandis que les drapeaux de Montréal et du Québec sont en berne, M. Trudeau n'a pas jugé bon de condamner ni de dénoncer, en termes clairs, les actes terroristes survenus à Paris, alors même que le premier ministre du Québec, M. Couillard, dans son allocution à l'occasion des commémorations du 11 novembre, a explicitement associé, bien avant les attentats de Paris, l'État islamique au nazisme. D'ailleurs, le premier ministre du Québec n'a pas manqué de plaider pour une action forte et concertée de la part du Canada dans la lutte contre l'État islamique en Syrie. Une réaction militaire, a-t-il souligné, étant nécessaire à la suite des attentats commis à Paris.

Quant à M. Trudeau, les termes on ne peut plus affectés de sa déclaration laisseraient songeurs quiconque a été ébranlé par la tragédie survenue à Paris : «Sophie et moi nous joignons (sic) à tous les Canadiens pour exprimer nos plus sincères condoléances aux familles et aux amis des victimes», a-t-il déclaré selon le communiqué émis par son bureau, comme s'il s'agissait d'un banal accident survenu dans son voisinage. «Nous espérons sincèrement que les otages seront libérés sains et saufs dès que possible. Nous souhaitons également un prompt rétablissement à tous les blessés», a-t-il ajouté.

Ayant comme priorité le retrait des avions de combat canadiens d'Irak et de Syrie, qui avaient pour mission, selon l'engagement du précédent gouvernement, de détruire des bases de l'État islamique, M. Trudeau n'a pas voulu élaborer devant les journalistes sur sa décision de retirer ces avions des zones de combat. Mais un porte-parole de son gouvernement a confirmé samedi 14 novembre qu'il entend toujours mettre fin aux frappes aériennes, malgré les attaques qui ont secoué Paris.

Interrogé par les médias alors qu'il était en route pour la Turquie, le premier ministre canadien s'est aussi refusé à tout commentaire au sujet du rôle de ce groupe terroriste.

M. Stéphane Dion, son ministre des Affaires étrangères, s'est limité à répéter que le Canada s'engagerait dans l'aide humanitaire et l'entraînement des troupes sur le terrain. Soit ! Mais cette déclaration aux intentions idylliques ne permet pas de savoir quelles troupes bénéficieraient de cet appui. Celles de M. Assad dont la présence à la tête de ce qui reste du pays est contestée par les pays occidentaux ou bien celles de la résistance dont les différentes factions causent un véritable casse-tête à tous les pays concernés par le drame syrien ? On sait par ailleurs, qu'à l'exception des militaires kurdes, les troupes en présence cèdent rapidement devant la puissance des forces de l'État islamique. Quant à l'aide humanitaire, comment et où celle-ci sera-t-elle acheminée dans un pays complètement dévasté par la guerre ?

Dans la même veine, tandis que les pays occidentaux s'inquiètent de leur sécurité, M. Trudeau se préoccupe du maintien de la «liberté».

«Les gouvernements ont la responsabilité de garder la sécurité de leurs citoyens en même temps que de maintenir la liberté», répète-t-il.

Mais de quelle liberté s'agit-il ? N'est-ce pas plutôt le terrorisme qui menace nos libertés ?

On constate ainsi que les déclarations et les prises de position du nouveau gouvernement Trudeau ne résistent guère à l'analyse.

Ce n'est pas la première fois que M. Trudeau fait preuve de mollesse devant la terreur. On se souviendra que suite à l'attentat du marathon de Boston d'avril 2013, le chef du Parti libéral du Canada, siégeant alors dans l'opposition, avait déclaré que ces attaques avaient eu lieu parce que les terroristes «se sentaient exclus et totalement en guerre» avec la population qui les accueillait. Il avait ajouté que les sociétés étaient responsables des exclusions qu'elle créait.

Rappelons également qu'en 2012, alors qu'il briguait le leadership du Parti libéral du Canada, M. Justin Trudeau, participa à une conférence à Toronto, au cours de laquelle il partagea la même tribune que plusieurs leaders islamistes dont plusieurs poids lourds des Frères Musulmans, notamment Tariq Ramadan, Jamal Badawi et Mustafa Ceric.

En mars 2011, M. Trudeau n'avait-il pas déjà démontré ses bonnes dispositions à l'égard des islamistes en condamnant l'utilisation du terme «barbares» pour caractériser les crimes d'honneur ? Il s'opposait alors au contenu d'un guide publié par le ministère fédéral de l'Immigration à l'intention des nouveaux immigrants. Après avoir été critiqué de toutes parts, M. Trudeau avait dû reculer sur la question et présenter ses excuses.

''Sunny ways'', s'est exclamé M. Trudeau le soir de sa victoire. Souhaitons-lui que les voies ensoleillées l'éclairent dans son mandat.

16 novembre 2015

 

 



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