Recevez gratuitement notre Newsletter !

Pierre Bourgault découvrait Israël

par Victor Teboul
Ph.D. (Université de Montréal), Directeur, Tolerance.ca®
The Gazette, 23 juin 1984, p. 17.

Au cours de mon mandat à la direction québécoise du Comité Canada - Israël, j'avais recommandé la candidature de Pierre Bourgault dans le cadre des relations interuniversitaires existant entre le Québec et l'État d'Israël auprès de la Fondation des échanges académiques Canada - Israël accepta ma proposition. Militant indépendantiste bien connu, auteur réputé, chroniqueur régulier au quotidien The Gazette de Montréal, Pierre Bourgault était aussi professeur au département de communications de l'Université du Québec à Montréal. Il correspondant donc tout à fait au profil des candidats universitaires sélectionnés pour visiter Israël.

Dès que Bourgault accepta l'invitation, je le rencontrais quelques semaines avant son départ au restaurant Chez Gauthier. Nous eumes une discussion bien animée - je connaissais ses articles très critiques du gouvernement Begin, qui avait envahi deux ans plus tôt le Liban. Tsahal s'était retiré depuis, mais les séquelles de Sabra et Chatila continuaient d'entacher la perception d'Israël dans le monde. 

Je lui ai offert le Portrait du colonisé et La Libération du Juif, deux oeuvres d'Albert Memmi qui m'avaient inspiré et que je citais dans mon éditorial du premier numéro de Jonathan

Bourgault connaissait, bien sûr, Le Portrait du colonisé qui marqua, on le sait, la pensée de maints indépendantistes. Mais peu de Québécois connaissaient son essai La Libération du Juif  dans lequel Memmi, juif d'origine tunisienne, montrait comment cette libération prenait forme dans l'État d'Israël, et peu de Québécois savaient que le sionisme s'inscrivait, pour Memmi, dans les mêmes luttes que celles des peuples colonisés. 

Il faudrait ajouter que l'establishment juif anglophone du Québec (et mes patrons au sein du Comité Canada - Israël) ignoraient complètement l'existence d'Albert Memmi et la réputation dont il jouissait auprès de l'intelligentsia québécoise.

J'avais donc parfois l'impression d'être l'agent secret 007 au sein de la communauté juive anglophone lorsqu'il s'agissait d'établir de façon discrète des rapports entre les Israéliens et les indépendantistes ou les progessistes québécois. Je mettais donc en pratique mes nouveaux talents d'agent secret lorsque j'entrepris d'organiser aussi la visite des membres de l'Exécutif du Conseil des Syndicats nationaux (CSN), dont il sera question ICI. La CSN, on le sait adoptait également des positions extrêmement critiques à l'égard d'Israël . 

Quoi qu'il en fût, Bourgault signa dans sa chronique de The Gazette un article qui fit  (pour demeurer dans le décor de James Bond) l'effet d'une bombe : il était tombé en amour, comme on dit au Québec, avec la société israélienne et les Israéliens. Son article parut le 23 juin 1984.

On lira ci-dessous la version française publiée dans le numéro de septembre 1984 de Jonathan. La traduction du texte avait été assurée par mon collègue Jacques Lasalle.

J'offre plus bas à mes lecteurs et lectrices des formats PDF du texte original ainsi que de sa traduction en français : ce sont des documents historiques pour quiconque s'intéresse à Pierre Bourgault, aux rapports entre Juifs et Québécois et aux relations israélo-québécoises. Bonne lecture ! 

 

 

Pour version PDF de la version (anglaise) parue dans The Gazette, le 23 juin 1984, p. 17.  Contenu/Bourgault Word (1).pdf

Pour la version traduite en français parue dans le numéro de septembre 1984, de Jonathan, p. 3. Contenu/Bourgault Israel Jonathan 1984 PDF.pdf

 

19 juin 2021



Réagissez à cet article !

L'envoi de votre réaction est soumis aux règlements et conditions de VictorTeboul.com. Vous devez lire Les règlements et conditions de VictorTeboul.com et les accepter en cochant la case ci-dessous avant de pouvoir soumettre votre message.
Votre nom :
Courriel :
Titre :
Message :
 
  J'ai lu et accepté les règlements et conditions de VictorTeboul.com.